Gérer ses stocks de matières premières quand on est artisan : le guide concret
Un vendredi à 16h, client professionnel, commande urgente pour le lundi. Je prépare ma découpe laser, j'ouvre mon tiroir de plaques aluminium anodisé — il en reste une. Une seule, alors que j'en ai besoin de six. Le fournisseur livre en 5 jours ouvrés.
Voilà comment j'ai décidé que la gestion de stock allait devenir sérieuse dans mon atelier. Pas avec un classeur ni un tableau Excel que j'oublie de mettre à jour. Avec un module intégré à l'outil que j'utilise déjà pour tout le reste.
Pourquoi la gestion de stock est particulièrement complexe pour les artisans
Dans l'industrie, la gestion de stock est une discipline bien documentée : prévisions de consommation, délais fournisseurs, stock de sécurité calculé, point de commande. Les logiciels ERP font ça depuis des décennies.
Pour un artisan, le problème est différent. Vous avez souvent des dizaines de références (matières, consommables, fournitures d'atelier) dont la consommation est irrégulière et difficile à prévoir. Une semaine vous avez 10 commandes en bois de frêne, la suivante vous n'en touchez pas. Votre stock est rarement uniforme : vous avez peut-être 3 kg de PLA blanc, 40 mètres de cuir naturel, 12 plaques d'ardoise 20×30 et 200 g de résine époxy dorée.
Gérer ça manuellement, c'est soit chronophage, soit approximatif. Souvent les deux.
J'avais une feuille Google Sheets pour mes stocks. Je la mettais à jour... parfois. Quand je pensais à le faire. Résultat : le tableur disait 8 plaques, j'en avais 3 dans la réalité. Depuis que j'utilise le module Stocks de JDB Galaxy — et que je saisit les mouvements au fil de l'eau — mon tableur est à la poubelle et mes ruptures ont quasiment disparu.
Comment fonctionne le module Stocks
Le module Stocks de JDB Galaxy fonctionne sur un principe simple : chaque référence a un stock courant (la quantité disponible maintenant), un seuil d'alerte (la quantité en dessous de laquelle vous voulez être prévenu), et une unité (unités, kg, mètres, litres, feuilles…).
Quand vous consommez de la matière — pour une commande, pour un test, pour un prototype — vous enregistrez un mouvement de sortie. Quand vous réceptionnez une livraison, vous enregistrez une entrée. Le stock courant se met à jour automatiquement, et si vous passez sous le seuil d'alerte, une notification apparaît dans le module Pilotage.
Chaque mouvement est horodaté et peut être commenté : « consommé pour commande #2026-047 », « essai matière raté, quantité perdue », « réceptionné fournisseur Dupont, bon de livraison n°BL4521 ». Ce n'est pas obligatoire, mais l'historique commenté vous sauvera la mise au moins une fois.
Les alertes de rupture
C'est la fonctionnalité centrale du module. Pour chaque référence, vous définissez un seuil d'alerte correspondant à votre consommation habituelle sur la durée de réapprovisionnement de votre fournisseur. Si votre fournisseur livre en 5 jours et que vous consommez 2 plaques par jour, votre seuil d'alerte est à 10 plaques : en dessous, il est temps de commander.
L'alerte apparaît dans le Pilotage et, si vous l'activez dans les paramètres, dans l'écran d'accueil de l'application. Elle est visible, insistante, et reste active jusqu'à ce que le stock repasse au-dessus du seuil. Elle ne disparaît pas toute seule.
Définissez vos seuils d'alerte en tenant compte de votre délai fournisseur le plus pessimiste, pas le délai habituel. Si votre fournisseur livre en 3 jours en temps normal mais en 10 jours en période de fêtes ou de forte demande, calibrez sur 10 jours. Mieux vaut commander un peu en avance que tomber à court.
La valorisation du stock
Chaque référence peut avoir un prix d'achat unitaire renseigné. Le module Stocks calcule alors la valeur totale de votre stock — utile pour votre bilan comptable, pour votre assurance atelier, et pour comprendre combien de trésorerie est immobilisée dans vos matières.
Cette valorisation utilise le prix d'achat moyen pondéré : si vous avez acheté des plaques à 2,50 € l'une en janvier et à 2,80 € en mars, le stock est valorisé à un prix qui tient compte des deux lots. C'est la méthode la plus courante en comptabilité de stock et la plus juste pour refléter la réalité.
Lier les stocks aux commandes
Quand vous ouvrez un projet dans le module Projets, vous pouvez y associer une ou plusieurs références de stock et indiquer les quantités nécessaires. Le module affiche alors si vous avez suffisamment de matière disponible pour honorer la commande, ou si vous êtes en tension.
Ce lien entre stock et commandes permet d'anticiper les ruptures non pas sur le stock actuel, mais sur le stock prévisionnel : « j'ai 15 plaques en stock, mais 3 commandes en cours en ont besoin de 12 en tout — il m'en reste 3 disponibles pour les nouvelles commandes ».
Le module Stocks enregistre ce que vous lui dites. Si vous consommez de la matière sans enregistrer le mouvement, le stock affiché sera faux. La discipline de saisie, même partielle, vaut mieux que pas de saisie du tout — mais ne faites pas confiance à un stock que vous n'avez pas mis à jour depuis 15 jours.
Les consommables et fournitures d'atelier
Le module Stocks gère aussi bien les matières premières (planches, plaques, cuir, fil, résine) que les consommables d'atelier (lames de découpe, buses d'impression, encres, colle, abrasifs). Pour ces derniers, la consommation est souvent difficile à quantifier avec précision — vous ne comptez pas le nombre de millilitres de colle utilisés par projet.
Pour les consommables, je recommande une approche simplifiée : enregistrez une sortie forfaitaire régulièrement (une fois par semaine par exemple, une sortie de « 1 semaine de consommation normale »). C'est approximatif, mais ça suffit pour que les alertes fonctionnent et pour que vous sachiez à peu près où vous en êtes.
Module Stocks = suivi en temps réel des quantités, seuils d'alerte configurables, historique des mouvements commenté, valorisation du stock, et lien avec les commandes en cours. Fonctionne pour les matières premières et les consommables. Efficace à condition de saisir les mouvements au fil de l'eau.
Commencez par vos 5 ou 10 références les plus critiques — celles dont la rupture vous causerait le plus de problèmes. Renseignez le stock actuel (un inventaire rapide suffit), définissez un seuil d'alerte réaliste, et commencez à enregistrer les mouvements. Ajoutez les autres références progressivement, sans vouloir tout faire d'un coup.